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Qu’est-ce que la maturité suisse ? Le guide complet de la maturité fédérale pour les parents

La maturité suisse, ou maturité fédérale, est le diplôme de fin d’études secondaires qui ouvre automatiquement les portes des universités publiques du pays, sans examen d’admission ni dossier de sélection. C’est le seul diplôme à conférer ce droit d’admission, et il vaut pour les élèves étrangers comme pour les élèves suisses. Voici comment le programme est construit, comment se déroulent les examens, et ce que le diplôme permet réellement ensuite.

24 septembre 2026 9 min de lecture
Yann Wegmüller
Écrit par

Yann Wegmüller

Directeur de l’école Chantemerle

Il dirige Chantemerle, école familiale fondée en 1966 à Blonay, volontairement limitée à 95 élèves dont 50 internes. Il supervise la préparation à la Maturité fédérale suisse et aux programmes Cambridge, avec 95 % de réussite en 2025.

Publié le 24 septembre 2026
Contenu rédigé et validé par la direction de l’école.

Parler au directeur
Diplômées de Chantemerle présentant leur diplôme de Maturité fédérale lors de la cérémonie de remise
Cérémonie de remise des diplômes de Maturité fédérale à Chantemerle.

Ce qu’est exactement la maturité suisse

La Maturité est l’équivalent suisse du baccalauréat. C’est un diplôme généraliste : l’élève ne se spécialise pas, il valide un socle large couvrant les langues, les mathématiques, les sciences expérimentales, les sciences humaines et les arts.

Cette largeur est une caractéristique délibérée du système suisse. Là où d’autres cursus demandent à un élève de seize ans de choisir trois matières et d’abandonner les autres, la Maturité maintient l’ensemble ouvert jusqu’au bout. Un élève qui hésite encore entre la médecine et l’économie ne se ferme aucune porte.

Deux chemins mènent au même diplôme

Le premier chemin est le gymnase cantonal, public ou privé, reconnu par la Confédération. L’élève y suit sa scolarité et obtient un certificat de maturité gymnasiale délivré par le canton.

Le second est l’examen suisse de maturité, placé sous la responsabilité de la Commission suisse de maturité, la CSM. L’élève prépare le diplôme dans l’établissement de son choix, puis passe les épreuves devant un jury fédéral, indépendamment de son école. C’est la voie que prépare Chantemerle.

Les deux titres donnent exactement les mêmes droits. La différence tient à qui évalue : dans le second cas, l’examen est entièrement externe, ce qui rend la préparation plus exigeante mais le résultat incontestable.

La structure du programme, année par année

Chantemerle prépare la Maturité en trois ans, avec une formule en quatre ans pour les élèves qui ont besoin d’une année supplémentaire de consolidation, notamment en français.

AnnéeContenuExamens
1re annéeProgramme de base : mathématiques, français, allemand ou italien, anglais, sciences expérimentales et sciences humainesAucun
2e annéeSciences expérimentales et sciences humaines1re session : 6 disciplines, épreuves écrites
3e annéeLangues, mathématiques, option spécifique, option complémentaire2e session : écrits et oraux, plus le travail de maturité

Cette répartition en deux sessions est une particularité importante. L’élève ne joue pas trois années sur une seule semaine d’épreuves : il valide définitivement six disciplines en deuxième année, puis se concentre en troisième année sur les matières restantes.

Les examens : douze disciplines et deux sessions

L’examen suisse de maturité porte sur douze disciplines, réparties entre épreuves écrites et orales, auxquelles s’ajoute le travail de maturité.

La première session, en deuxième année, couvre six disciplines à l’écrit : biologie, chimie, physique, géographie, histoire et arts. La seconde session, en troisième année, porte sur le français, la deuxième langue nationale, l’anglais, les mathématiques, l’option spécifique et l’option complémentaire.

À Chantemerle, la préparation est entièrement tournée vers ces épreuves : examens blancs hebdomadaires et semestriels dès les premières années, travail systématique sur les annales. L’objectif n’est pas de survoler un programme, c’est d’entrer en salle d’examen en terrain connu.

Enseignant de mathématiques au tableau devant des élèves de Chantemerle
Cours de mathématiques en petit effectif, orienté vers les épreuves.

Choisir son option spécifique

C’est le seul vrai choix d’orientation du cursus, et il structure la suite. L’option spécifique est la discipline dans laquelle l’élève approfondit, et elle pèse dans le dossier.

  • Mathématiques et physique, pour viser l’EPFL, l’ETH Zurich ou une école d’ingénieur.
  • Biologie et chimie, pour la médecine, la pharmacie et les sciences de la vie.
  • Économie et droit, pour HEC Lausanne, l’Université de Saint-Gall (HSG) ou les écoles de management.
  • Langues, russe ou chinois par exemple, pour les profils internationaux.

S’y ajoute une option complémentaire, choisie dans une liste plus restreinte, la philosophie étant la plus courante.

Le travail de maturité

L’obtention du diplôme est conditionnée à un travail de recherche personnel. L’élève choisit un sujet, mène son enquête, rédige un mémoire et le soutient oralement.

Les familles le sous-estiment souvent, parce qu’il ne ressemble à aucun exercice scolaire antérieur. C’est pourtant l’épreuve qui prépare le mieux à l’université : formuler une question, construire une méthode, tenir un calendrier sur plusieurs mois. Chantemerle assure l’encadrement du travail de maturité dans le cadre de la formation, et il est compris dans l’écolage.

Comment fonctionne la notation

Les notes suisses vont de 1 à 6, la moyenne de 4 marquant la suffisance. Un 6 est excellent, un 5 est solide, un 3 est insuffisant. Les familles venues d’un système noté sur 20 ou en lettres mettent généralement un trimestre à recalibrer leur lecture d’un bulletin.

L’obtention du diplôme ne se joue pas discipline par discipline. Elle repose sur une règle de compensation : les résultats supérieurs à 4 rachètent en partie ceux qui sont en dessous, dans une limite précise et avec un nombre restreint de notes insuffisantes tolérées. Autrement dit, un élève peut décrocher sa Maturité avec une note faible dans une matière, à condition d’avoir construit une marge ailleurs. Les conditions exactes sont fixées et publiées par la Commission suisse de maturité.

La conséquence pratique est stratégique. Dès la première année, il vaut mieux consolider les disciplines où l’élève peut viser haut plutôt que de tout jouer sur le rattrapage de ses points faibles. C’est précisément ce qu’un suivi individuel permet d’arbitrer.

Quand faut-il s’y prendre

L’entrée en première année de Maturité se fait vers 15 ou 16 ans, à la sortie du cycle d’orientation. Les deux points à anticiper sont le niveau de français et le niveau en mathématiques.

Pour un élève non francophone, il faut compter une à deux années d’intégration linguistique en amont selon le point de départ. Pour un élève francophone dont les bases en mathématiques sont fragiles, une préparation renforcée avant l’entrée évite de subir les deux premières années. Nous proposons cette préparation avancée à l’admission au gymnase en mathématiques, français et allemand.

Dans les deux cas, la règle est la même : une année de consolidation avant l’entrée coûte moins cher, en temps comme en confiance, qu’un redoublement en cours de cursus.

Ce que la Maturité ouvre vraiment

La Maturité donne un accès automatique aux universités publiques suisses : l’EPFL et l’ETH Zurich en ingénierie, HEC Lausanne et l’Université de Saint-Gall en management, ainsi que les universités de Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel. Sans examen d’admission et sans dossier de sélection. La médecine humaine fait exception dans toute la Suisse : le nombre de places y est régulé, avec un test d’aptitude ou une sélection en première année selon les cantons, et cette règle s’applique à tous les candidats.

Le second effet est financier et rarement mis en avant : un élève étranger titulaire de la Maturité suisse est traité exactement comme un élève suisse, y compris sur les frais d’inscription universitaires, parmi les plus bas d’Europe. Sur un cursus de cinq ans, l’écart avec une université britannique ou américaine se compte en dizaines de milliers de francs.

À l’international, le diplôme est reconnu en Europe et en Amérique du Nord. Les universités étrangères l’acceptent sans difficulté particulière. Sur la comparaison point par point avec le Baccalauréat International, nous avons traité la question à part.

Pour un élève non francophone

La Maturité se prépare en français, et c’est l’obstacle que citent la plupart des familles internationales. Il est réel, mais il est franchissable.

Le niveau d’entrée demandé est un B1. Les élèves qui ne l’ont pas encore passent par notre programme d’intégration en français avant de rejoindre le cursus. Il existe par ailleurs une Maturité bilingue français-anglais : l’histoire, la géographie et l’option complémentaire se passent en anglais, et le travail de maturité peut être rédigé en anglais. Pour un adolescent anglophone, cette formule change considérablement l’équation.

Un élève qui arrive sans un mot de français et ressort trois ans plus tard avec une Maturité fédérale n’a pas seulement obtenu un diplôme. Il a prouvé quelque chose sur lui-même qu’aucun bulletin ne mesure.

À qui la Maturité convient-elle

Elle convient à l’élève qui veut étudier en Suisse, à celui qui n’a pas encore tranché son orientation et souhaite garder un spectre large, et à celui qui travaille mieux avec un objectif d’examen clair qu’avec un contrôle continu diffus.

Elle convient moins à l’élève déjà certain de vouloir se spécialiser tôt sur trois matières, ou qui ne se projette pas du tout dans un cursus en français. Pour ces profils, le parcours Cambridge IGCSE et A-Level répond souvent mieux à la question.

La Maturité à Chantemerle

Nos classes préparatoires à la Maturité se trouvent à LémanMaturité, notre site de Vevey, à dix minutes à pied de la gare. Une trentaine d’élèves y étudient, dans des classes volontairement réduites. Le site historique de Blonay accueille le primaire, le collège et l’internat.

En parallèle du cursus, une préparation renforcée en mathématiques et physique vise spécifiquement la réussite de la première année à l’EPFL, à l’ETH Zurich et en médecine, où le taux d’échec est élevé et tient rarement aux capacités des étudiants. Les sportifs de haut niveau bénéficient d’horaires aménagés.

À la session 2025, le taux de réussite aux examens fédéraux de maturité a été de 95 %, avec plusieurs élèves internationaux parmi les diplômés.

Pour le détail du programme, des options et des conditions d’admission, consultez notre page Maturité fédérale suisse. Et si vous hésitez encore entre la Maturité et le Baccalauréat International, notre article sur les quatre idées reçues sur la Maturité fédérale et l’IB traite précisément les points qui reviennent le plus souvent. Parlez-nous de votre situation et nous vous dirons franchement si ce cursus est le bon pour votre enfant.

Questions fréquentes

Les réponses de la direction aux questions que posent le plus souvent les familles.

Qu’est-ce que la Maturité fédérale suisse ?

C’est le diplôme suisse de fin d’études secondaires, équivalent du baccalauréat. Il est généraliste : l’élève valide douze disciplines couvrant les langues, les mathématiques, les sciences expérimentales, les sciences humaines et les arts, plus un travail de recherche personnel. C’est le seul diplôme qui confère un droit d’admission aux universités publiques suisses, sans examen d’admission ni dossier de sélection. La médecine humaine, dont le nombre de places est régulé dans toute la Suisse, fait exception.

Combien de temps dure la préparation à la Maturité ?

Trois ans à Chantemerle, avec une formule en quatre ans pour les élèves qui ont besoin d’une année de consolidation, généralement en français. L’entrée se fait vers 15 ou 16 ans, à la sortie du cycle d’orientation. La première année ne comporte pas d’examen, la deuxième valide six disciplines à l’écrit, la troisième couvre les matières restantes et le travail de maturité.

Quelle différence entre maturité cantonale et examen suisse de maturité ?

Deux chemins mènent au même diplôme et aux mêmes droits. Le gymnase cantonal délivre un certificat de maturité gymnasiale reconnu par la Confédération. L’examen suisse de maturité, lui, est passé devant un jury fédéral placé sous la responsabilité de la Commission suisse de maturité, indépendamment de l’école qui a préparé l’élève. Chantemerle prépare cette seconde voie, entièrement externe.

Un élève étranger peut-il passer la Maturité suisse ?

Oui, et il obtient exactement les mêmes droits qu’un élève suisse, y compris l’admission automatique aux universités publiques et les mêmes frais d’inscription, parmi les plus bas d’Europe. Le cursus se prépare en français : le niveau d’entrée demandé est un B1. Les élèves qui ne l’ont pas encore passent par notre programme d’intégration en français. Une Maturité bilingue français-anglais existe également.

Quelle différence entre l’option spécifique et l’option complémentaire ?

L’option spécifique est la discipline dans laquelle l’élève approfondit : mathématiques et physique, biologie et chimie, économie et droit, ou une langue comme le russe ou le chinois. C’est le vrai choix d’orientation du cursus et il pèse dans le dossier universitaire. L’option complémentaire se choisit dans une liste plus restreinte, la philosophie étant la plus courante, et ne peut pas porter sur la même discipline que l’option spécifique.

Combien de disciplines compte l’examen de maturité ?

Douze disciplines, auxquelles s’ajoute le travail de maturité. Elles se répartissent sur deux sessions : six disciplines à l’écrit en deuxième année (biologie, chimie, physique, géographie, histoire, arts), puis en troisième année le français, la deuxième langue nationale, l’anglais, les mathématiques, l’option spécifique et l’option complémentaire, à l’écrit et à l’oral.

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